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| Compétences |
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Photographe naturaliste suisse d'origine valaisanne et jurassienne, mes images de faune, de flore et de paysages alpins paraissent depuis 1997 dans diverses revues : Animan, Les Alpes - Die Alpen, Alpes Magazine, La Salamandre, Terre et nature, etc.
Egalement journaliste, ma licence en français me permet de rédiger des articles de vulgarisation en relation avec ce travail photographique (une quarantaine à ce jour).
Enfin, historien de l’environnement, j’ai publié un ouvrage sur la faune aux siècles passés, intitulé: « Animaux sauvages et chasseurs du Valais. Huit siècles d’histoire (12ème-19ème siècle) ». |
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| Parcours d’un naturaliste |
Comment devient-on naturaliste ? Enfant, je découvre la montagne grâce à mes grands-parents, dans un chalet des Alpes valaisannes au val d’Illiez. Mon grand-père appartenait à cette génération d’alpinistes qui, dans les années 1930, partait « attaquer » les Dents-du-Midi à pied depuis la plaine, après sa semaine d’usine à Monthey !
A l’origine de ma passion pour le monde sauvage, il y a donc ces heures de l’enfance passées au chalet : à manier la faux, la hache ou la tronçonneuse ; à côtoyer les paysans de montagne et leurs bêtes ; et surtout, à courir les bois en quête de champignons et de myrtilles.
C’est ainsi qu’un jour, à l’âge de 10 ans, l’on en vient à se demander quel est ce minuscule oiseau qui volette dans les basses branches d’un proche épicéa. Voilà comment tout a débuté. Après les premiers pas de l’ornithologue, vient la passion pour les mammifères, alimentée par les ouvrages de Robert Hainard, « notre père » à tous ; et sans doute aussi nourrie de quelque atavisme de chasseur niché dans mon cerveau reptilien.
Puis, l’on découvre les papillons, les coléoptères et la botanique. Depuis peu, ce sont les sauterelles et les criquets qui titillent mon intérêt. Et, devant la complexité de chacun de ces nouveaux mondes, l’on se dit que deux vies suffiraient à peine pour acquérir une bonne connaissance de la faune et de la flore alpines.
Pour autant bien sûr que ces dernières subsistent dans leur diversité actuelle, tant les menaces se multiplient : abandon de l’élevage en montagne, et avancée consécutive de la forêt qui causent la disparition des biotopes les plus riches ; bétonnage et constructions sans fins ; pollution entraînant le déclin des papillons, même en altitude ; réchauffement climatique peut-être néfaste aux espèces qui se sont réfugiées dans les Alpes après la dernière glaciation ; intensification de certaines activités touristiques ; dérangements hivernaux infligés à des espèces sensibles ou en diminution ; projets éoliens menaçant nos derniers paysages sauvages…
Epoque paradoxale qui voit simultanément disparaître des espèces autrefois anodines (oiseaux, reptiles, insectes) et prospérer la grande faune comme jamais ! |
| La quête du monde sauvage |
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Un parcours de naturaliste comprend aussi des éléments plus intimes : y participent les pulsions animales du coureur des bois ; le goût de l’aventure du montagnard ; le besoin de découvrir le trésor qui se cache derrière la prochaine crête ; ou la soif de liberté et d’espaces sauvages du primitif, à l’étroit dans ce monde postmoderne aseptisé, et coupé de ses racines naturelles.
Que dire des sentiments inspirés par la beauté des paysages ou des lumières ? Et de tout ce qu’une photographie ne pourra jamais restituer : les odeurs sensuelles dégagées par la lande alpine en automne ; la chaleur bienfaisante des premiers rayons du soleil sur votre carcasse engourdie par une nuit glaciale à la belle étoile ; la décharge d’adrénaline provoquée par l’avalanche ou la chute de pierres toute proche ; les marches nocturnes, un peu inquiétantes malgré la clarté lunaire ; l’exaltation mégalomaniaque d’être là-haut, en tel recoin magnifique, seul au monde et « marchant dans la beauté » (expression navajo). Il y a aussi le puissant brame du cerf, la stridulation du rare orthoptère, ou la strophe ténue mais excitante et prometteuse de la gélinotte… Il faudrait plusieurs livres pour en rendre compte de façon satisfaisante. Je m’y attelle. |
| Quelques mots sur la photo |
Vous ne trouverez pas sur ce site de photos spectaculaires d’ours, de loups ou de lynx. Car ce genre d’images provient trop souvent de parcs de vision où l’on peut réaliser des gros plans de ces animaux dans un environnement naturel… mais néanmoins enclos (si vous souhaitez voir une image de lynx telle qu’on peut en saisir dans la nature, cliquez ici).
Parmi les photos présentées, il n’y a pas non plus d’animaux apprivoisés lâchés dans la nature ni de photomontages (sujet collé sur un paysage, comme un fond de lune par exemple). Sans vouloir discréditer l’ensemble de la profession, il faut néanmoins savoir que ces pratiques existent.
Ces réflexions éthiques m’amènent au numérique, aujourd’hui majoritairement utilisé par les naturalistes. Malgré ses nombreux avantages, je persiste à utiliser un boîtier argentique. Car notamment, et au risque de paraître élitiste, à mes yeux, une photo doit être « juste » dès le début, dans la tête du photographe, au moment du déclic (les images de ce site n’ont en principe pas été recadrées).
Excellente visite !
Alexandre Scheurer
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